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2021 | 2023

Pour une Apiculture durable dans la région de Dassa Zoumé

Bénin

StatutBudgetFinanceursIntervenants Apiflordev
en cours60.000€Région Nouvelle Aquitaine (30 000 euros)
Pierre Messner

 
 
Carte-Benin

objectifs |

L’objectif général de cette mission (au sens des ODD de l’ONU) est de contribuer à enrayer la pauvreté et protéger l’environnement dans la région de Dassa-Zoumè au Bénin.

Plus spécifiquement, il s’agit de :

    • Elever le niveau de vie du village d’Assiyo en offrant une activité génératrice de revenus aux 50 familles d’apiculteurs à former et en impulsant une dynamique économique auprès des artisans locaux (construction des ruches, de la miellerie, arrivée d’eau…),
    • Combattre la déforestation en offrant un revenu de compensation (tiré de l’apiculture) aux producteurs de charbon de bois et en implantant des ruches dans les zones de reboisement,
    • Protéger les abeilles en enrayant la cueillette sauvage de miel et la destruction des colonies d’abeilles qui en découle.

contexte |

Le village d’Assiyo, au sein duquel la mission se déroule plus spécifiquement, se situe à proximité de Dassa-Zoumè. Situé en pleine forêt, il est constitué d’environ 1700 habitants regroupés en 260 ménages et fédérés en 50 familles. La population exerce une activité agricole vivrière et le niveau de vie des familles est très bas (moins d’un euro par jour et par personne).

L’énergie consommée par chaque famille pour couvrir ses besoins domestiques est issue de la production artisanale de charbon de bois. De très nombreux arbres ont ainsi été coupés et transformés.

Par ailleurs, des abeilles sauvages ont naturellement colonisé ces espaces qui offrent des ressources mellifères considérables (la forêt produit un grand nombre de fleurs, elles-mêmes riches d’un délicieux nectar que les abeilles transforment en miel). Les pratiques apicoles observées s’inscrivent dans le cadre d’une cueillette (l’essaim et le miel sont cueillis !) après que l’arbre aît été coupé ou brulé. Il en résulte une destruction de la colonie d’abeilles et souvent une altération de la qualité du miel (corrompu par la fumée).

Enfin, compte tenu de la situation et de l’absence de perspectives économiques intéressantes, la population est confrontée à un fort exode rural de la part des jeunes.

Une première expérience de développement de l’apiculture a été réalisée dans la région en 2013 avec le soutien du PNUD (le Programme de développement des Nations Unies). Grace à la formation de premiers apiculteurs, une forte émulation s’est développée. Une demande de formation de nouveaux apiculteurs ET de mise en place de nouvelles ruches est vite apparue. La rémunération tirée de la pratique de cette apiculture moderne est beaucoup plus importante que celle qui résulte de la cueillette.

L’environnement forestier offre encore de très larges perspectives de production de miel. De plus, l’expérience antérieure a démontré que la pratique nouvelle de l’apiculture a réduit considérablement les cueillettes et destructions de colonies d’abeilles, la coupe d’arbres et la production locale de charbon. Un programme de reforestation a même été initié par des Ong béninoises. Un poumon vert a ainsi vocation à se développer autour du village d’Assiyo.

Aujourd’hui, les premiers apiculteurs formés en 2013 extraient le miel dans leurs maisons familiales avec très peu d’outils, ce qui peut être dangereux (en raison de la présence parfois importante d’abeilles). Le miel n’est alors pas d’une grande qualité car affecté par les odeurs ou l’humidité ambiantes. Sa durée de conservation est très courte. Il peut avoir tendance à fermenter. Le niveau de filtration est également perfectible.

Enfin et pour conclure, les autres ressources offertes par la ruche ne sont pas utilisées ou paraissent insuffisamment valorisées. C’est le cas de la cire, du pollen et de la propolis.  Par exemple, la cire est produite à raison de 1 kg par ruche et par an. Elle est connue pour être d’une qualité exceptionnelle en Afrique (en raison de l’absence de pesticides notamment). Des acheteurs potentiels se sont déjà manifestés au sein du village.

Quelques informations sur le contenu du projet :

C’est dans ce contexte que Pjud Ong Bénin (l’Ong béninoise partenaire) et Apiflordev Nouvelle Aquitaine se sont rapprochés dès le début de l’année 2018. Il nous est apparu très vite la nécessité de développer l’apiculture en faveur des familles demandeuses et d’accompagner l’ensemble de la communauté apicole (les 50 nouveaux apiculteurs à former comme les apiculteurs déjà fiormés) dans un projet structurant de professionnalisation.

Notre partenaire local est PJUD ONG Bénin (Promotion Jeunesse Unie pour le Développement) créée en 2005. Elle a pour mission de promouvoir la jeunesse, d’élever le niveau de vie des jeunes et d’enrayer la désertification rurale au Bénin.

L’Ong PJUD détient une expertise avérée en apiculture tropicale. Nous prenons appui sur ces professionnels pour mettre en œuvre nos actions.

Notre projet commun consiste à :

  • Recruter et assurer la formation initiale de 50 nouveaux apiculteurs et apicultrices au sein du rucher école du village d’Assiyo,
  • Fabriquer 300 ruches et ruchettes et remettre à chacun et chacune des stagiaires 4 ruches et 2 ruchettes,
  • Accompagner ses nouveaux apiculteurs, par une formation pratique, dans l’installation des ruches, la mise en place des essaims d’abeilles, l’utilisation du matériel et les premières récoltes de miel,
  • Concevoir, financer et aménager une miellerie communautaire adaptée aux besoins locaux et ouverte aux apiculteurs et apicultrices du village (les 50 nouveaux mais aussi les premiers apiculteurs formés en 2013 dans le cadre d’un programme financé par les Nations Unies),
  • Développer la formation des apiculteurs et apicultrices concernant la récolte et le traitement du pollen, de la cire et de la propolis ET professionnaliser les pratiques,
  • Faire émerger une dynamique collective au travers de la constitution et du fonctionnement d’une coopérative apicole qui sera propriétaire des outils,
  • Identifier de nouveaux marchés pour commercialiser et valoriser davantage les différents produits de la ruche,
  • Evaluer notre action au terme du projet et identifier de potentiels nouveaux besoins de coopération.

étapes-clefs |

2018 : première étude de faisabilité initiée par Jean-Pierre VINCENT et Patrick GAUGAIN,

2020 : définition d’un projet et obtention d’un financement de la région Nouvelle Aquitaine,

2021 : (en février) : première mission sur place pour affiner le projet et lancer la formation des 50 nouveaux apiculteurs et apicultrices.